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Ain, tzvei, drei

by Temmi Hadar
Rush before shabbat

Je suis toujours en retard.

Pas de retard extraordinaire, juste quelques minutes de retard.

Et tous les vendredis, quelle que soit l’heure de l’allumage des bougies, je suis en retard.

Je peux être super-organisée tout le vendredi, prendre un café avec une amie à 14 heures, me féliciter d’avoir préparé Chabbat vendredi matin, venez 20 minutes avant l'allumage des bougies et vous verrez. On ne trouve pas la brosse à cheveux, il manque des chaussures à quelqu'un et personne ne sait où se trouve la minuterie de la plata - et du coup - Chabbat démarre dans deux minutes et nous ne sommes pas prêts.

Une amie m'a raconté récemment comment elle aimait allumer des bougies quelques minutes plus tôt chaque semaine, pour ajouter de la sainteté à Chabbat.

J'entendais les mots qu'elle disait, mais cela ressemblait à une langue étrangère qui avait peu de sens pour moi.

J’y arriverai un jour, mais je dois d’abord allumer les bougies à l’heure sans avoir l’impression de courir un marathon.

Mais, aussi essoufflé et éreinté que je le suis lorsque j'arrive à l’endroit que nous avons réservé pour nos bougies de Chabbat, c'est mon temps préféré - trois minutes dans la semaine.

Mes enfants sont tous fraîchement baignés, avec des cheveux brossés brillants et de beaux vêtements de Chabbat (avec ou sans la chaussure manquante), ma table est dressée et la maison sent la ‘Halla, les plats de Chabbat et les gâteaux.

J’allume une allumette, et ma fille aînée me tient les doigts pendant que nous approchons la flamme contre la mèche. Ma plus jeune fille attend patiemment son tour, puis elle me tient aussi la main alors que j'allume doucement sa bougie.

J'allume les deux bougies sur un chandelier en argent, qui brille avec la lumière rosée du coucher de soleil, puis d'autres bougies, une pour chacun de mes enfants. Mes enfants regardent, une par une, chaque bougie s'allumer.

«Ain, tzvei, drei,»

Mes enfants comptent jusqu'à trois en yiddish avec moi, alors que nous agitons nos mains sur les flammes, mes filles et mes deux petits garçons, toutes nos mains créant des ombres sur les murs à la lumière des bougies.

Je me couvre les yeux et je récite la bénédiction à haute voix.

«Baroukh ata…»

Nous prions pour la reconstruction du Temple de Jérusalem et prononçons les noms de ceux qui ont besoin d'une guérison, mes enfants répétant soigneusement les noms hébreux après moi.

Et puis nous nous taisons, chacun de nous priant D.ieu derrière ses doigts.

Je prie pour la paix dans notre maison, pour la joie, pour la santé, pour l’intelligence…

J'ai fini.

Je découvre mes yeux.

Ma fille se tient à côté de moi, les yeux fermés, couverts par ses doigts délicats.

J'écoute ses chuchotements.

S'il te plaît, Hachem, laisse celui-ci se marier, et s'il te plaît, laisse celui-ci avoir un bébé…

Elle dit les noms d'amis et de membres de la famille dans le besoin.

Sa sincérité totale me fait monter les larmes aux yeux.

Elle termine et nous nous embrassons tous.

Alors que nous rions, en nous embrassant, on se souhaite Chabbat Chalom.

Je ne ressens pas toujours la spiritualité du moment.

Mais, ce jour-là, ma fille l'a ressenti.

Temmi Hadar

Temmi Hadar est née et a grandi à Seattle dans une famille de 10 personnes, Temmi Hadar vit actuellement à Johannesburg en essayant de rester spirituelle en tant qu'épouse, mère, enseignante et Rabbanit.

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